No Fake Science

Olivier Hertel

Olivier Hertel

Biologiste de formation, Olivier Hertel est journaliste au magazine Sciences et Avenir. Après avoir longtemps travaillé pour Le Point et Ça m’intéresse, il rejoint la rédaction de Sciences et Avenir en 2004. Ses domaines de prédilection sont l’innovation et les technologies… Il est aussi l’auteur de nombreuses enquêtes sur les dérives sectaires et thérapeutiques ainsi qu’une série de décryptages sur les pseudo-sciences et pseudo-médecines.

Médias

Pensez-vous que la situation actuelle du journalisme en termes de contraintes financières et humaines soit propice à la production d’une information scientifique de qualité ? Quelles sont les contraintes qui impactent négativement cette production ?

Cela n’a échappé à personne. Depuis quelques années, la presse est en difficulté. Entre autres causes, une baisse des ventes conjuguée à une baisse des recettes publicitaires. Est-ce que pour autant, cette situation a eu un impact négatif sur la qualité de l’information scientifique ? Je ne peux répondre que pour le cas que je connais, celui de Sciences et Avenir. Et ma réponse est non. Au cours des quinze dernières années, nous avons rencontré les mêmes difficultés que tout le secteur, tout en parvenant à rester rentable. Durant cette même période, notre production a sensiblement augmenté avec la montée en puissance de notre site web. Depuis peu, nous publions #Sciences, un nouveau magazine de vulgarisation scientifique accessible à tous et notamment aux plus jeunes. Tous ces développements se sont accompagnés d’embauches de journalistes. Nous avons conservé la même exigence, mais avec des approches différentes pour le print et le web. Sur le print, le rythme du mensuel nous laisse plus de temps pour construire des gros dossiers et des papiers assez longs. Sur le web, nous privilégions la réactivité, l’actualité sans pour autant négliger la qualité. C’est aussi l’endroit pour publier rapidement de longues enquêtes. Je donnerai deux exemples personnels. Récemment, j’ai écrit pour le site un article sur le dernier Prix Nobel de Chimie qui récompensait la conception des batteries lithium-ion. C’est un sujet que je connais assez bien car je l’ai traité à plusieurs reprises. J’ai donc pu boucler mon article moins de deux heures après l’annonce des lauréats. Ce genre d’infos à une durée de vie courte sur le web. Nous devons donc être présents le plus tôt possible. A l’inverse, j’ai publié il y a quelques mois, une longue enquête en deux articles sur les injections d’extraits de gui (Viscum album) dans le traitement du cancer. L’enquête a durée plusieurs mois. Idem, pour une autre enquête sur un trafic d’un faux médicament contre le VIH entre la France et l’Afrique publiée en 2016 sur notre site. Donc pour répondre à votre question, je dirais qu’en ce qui concerne Sciences et Avenir, les conditions sont bonnes pour produire une information scientifique de qualité, que ce soit sur le web ou dans le magazine.

Dans le monde journalistique d’aujourd’hui, l’instantanéité est la clé. Il faut aller chercher “le scoop”. Or, dans le monde scientifique cette instantanéité est plutôt mal vue. Pensez-vous qu’il soit possible de relier les deux ? Quelles pistent seraient envisageables ?

Cette recherche du scoop qui colle à l’image des journalistes est au mieux un fantasme, au pire un cliché. C’est finalement assez proche de la notion de “découverte” que le grand public associe au travail des chercheurs et qui correspond plus à l’image que l’on se fait de la recherche que ce qu’elle est vraiment. Dans les deux cas, cela illustre une certaine méconnaissance de nos métiers. A Sciences et Avenir nous avons bien sûr publié de nombreux “scoops”, des exclusivités etc… mais cela représente peu par rapport à la quantité d’informations que nous produisons. Nous ne sommes donc pas guidés par cette recherche du “coup”. Quant à savoir s’il est possible de concilier le temps de la presse et celui de la recherche, je crois que la question ne se pose pas. Le rythme de l’information n’est pas celui de la recherche. L’information est hautement périssable. Elle peut changer toutes les minutes et doit donc être actualisée. La recherche est inscrite sur un temps long, dicté entre autres par le processus laborieux des publications. Mais depuis quelques années, les chercheurs se rebellent aussi contre ce manque de réactivité de l’édition scientifique. Ils sont nombreux, particulièrement en informatique, à publier rapidement leurs travaux sur des serveurs de pré-prints (ArXiv, BioRxiv, HAL…). Et c’est une bonne chose, car il n’est plus acceptable que la connaissance attende des mois avant d’être diffusée. Je pense que dans les prochaines années, c’est plutôt le rythme de la recherche qui va s’accélérer pour tendre vers celui de la presse, du moins en terme de publications.

Au vu de l’importance prise par les réseaux sociaux, ces derniers pourraient-ils devenir des lieux pour parler d’information rapidement afin de laisser le temps aux autres support (radio, papier, télévision) pour approfondir le sujet ? En règle générale, comment les réseaux sociaux ont-ils changé la nature du travail journalistique ?

C’est déjà le cas. Chercheurs et institutions ne se privent pas pour communiquer sur les réseaux sociaux. Ils n’attendent plus la publication de leurs travaux. Les scientifiques, les universités, les laboratoires et autres centres de recherche évoluent comme les entreprises, dans un environnement fortement concurrentiel. Cette compétition n’est pas conditionnée par le marché comme c’est le cas pour les entreprises, mais par les financements, une ressource finie et rare. La tentation est donc grande d’être celui qui communique le plus, le mieux, le plus fort. D’ailleurs, les grandes institutions exigent de plus en plus des chercheurs et des laboratoires, notamment lors des évaluations, qu’ils communiquent dans les médias ou directement auprès du grand public. C’est alors aux journalistes de distinguer ce qui relève de la communication et de l’information.

Quels sont les organes de presse de référence en science pour les journalistes ? Comment ces organes sont-ils utilisés ?

Je ne peux parler que pour moi. Je n’ai pas vraiment de référence en sciences. La plupart des journaux et magazine que nous connaissons tous sortent de très bons papiers. La presse étrangère est aussi une lecture importante dans nos domaines. Je pense au New Scientist par exemple. J’aime aussi beaucoup le New Yorker pour ses longs papiers, sur tous les sujets. Et puis, bien sûr, j’ai beaucoup d’admiration pour le New York Times et le Washington Post, pas pour les articles scientifiques mais plutôt pour ceux concernant la politique américaine et en particulier le traitement des affaires Trump. Je me demande toujours ce que ressentent ses journalistes quand le président des Etats-Unis les insulte ou les menace publiquement sur Twitter à chaque nouvelle révélation !

Y a-t-il une raison précise derrière le fait que très peu de journalistes scientifiques sourcent leurs articles (lien vers le/les articles scientifiques associés) ? De même l’intégration des données principales (graphes et tableau) serait-elle un courant à amplifier ?

Nous citons généralement la source d’une publication : noms des auteurs ou du principal auteur, journal dans lequel les travaux sont publiés, dates etc… Sur le web je rajoute souvent un lien vers la publication originale en particulier lorsque j’estime que cela apporte un vrai plus au papier. Par exemple, pour appuyer une information qui peut sembler contestable. Dans le magazine papier, nous citons aussi la source en général. Mais nous parlons là du cas d’articles relatant une publication scientifique précise. Dans des articles concernant un sujet plus large, il est peu envisageable de donner une bibliographie exhaustive. Pourquoi ? Parce que c’est terriblement ennuyeux ! Parce que nous n’écrivons pas pour les chercheurs, mais pour tous. Parce que rares sont les lecteurs qui veulent se plonger dans des publications auxquelles ils n’ont généralement pas accès. Parce qu’ils ne parlent pas tous anglais. Enfin, parce que la place dans les pages d’un magazine est précieuse. Chaque caractère - on dit “signe” - qui vient en bibliographie est perdu pour les explications que nous donnons dans l’article. Mais surtout, il y a une sorte de contrat implicite entre le journaliste et le lecteur : la confiance. Même si cette notion est malmenée depuis quelques temps, notre travail consiste à assurer au lecteur que ce qu’il lit est fiable, car bien informé, bien sourcé, bien vérifié. C’est donc à nous les journalistes, de mettre tout en oeuvre pour maintenir cette confiance. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que notre métier ne se réduit pas à vulgarisation des publications scientifiques. Cela ne représente d’ailleurs qu’une petite partie de notre travail. Tous les mois nous traitons des sujets qui ne sont pas en lien avec la sortie d’une publication, mais plutôt avec l’état de l’art, l’air du temps, l’émergence d’un nouveau concept voire d’une discipline, d’un phénomène de société dans lequel la science a son mot à dire. Nos sources sont les chercheurs et les experts, qui eux disposent de cette connaissance de la littérature scientifique.

À votre connaissance, le traitement journalistique de l’information scientifique est-il différent dans le monde Anglo-Saxon ?

Je ne crois pas, du moins dans mon domaine, qu’il y ait de grandes différences. J’ai souvent l’occasion d’échanger avec des confrères de nationalités très diverses lors de colloques à l’étranger par exemple et j’ai toujours l’impression que nous fonctionnons de la même manière. Le ton peut être différent, mais nous partageons les mêmes valeurs. Cela ne vaut bien sûr, que dans les pays où la presse est libre et où les journalistes peuvent travailler dans des bonnes conditions.

Le Métier de Journalisme scientifique

Pourriez-vous définir rapidement ce qu’est le journalisme scientifique et quelles sont ses spécificités par rapport aux autres types de journalisme ?

Beaucoup pensent que cela consiste simplement à vulgariser l’actualité scientifique, les dernières publications de Sciences, Nature, PNAS etc… Mais c’est une erreur. La science détient les clés de la compréhension de la quasi totalité des grands débats de société, ceux qui divisent fortement les citoyens : glyphosate, OGM, nucléaire, réchauffements climatique nanotechnologie, PMA etc… Si vous voulez vous faire une opinion sur un sujet, il faut d’abord comprendre ses fondements. Le journaliste scientifique a donc pour mission de décrypter ces savoirs, de les rendre accessibles à tous.

Quelle est la formation typique des journalistes scientifiques ? Sont-ils d’abord scientifiques puis se forment en traitement journalistique ou l’inverse ?

Je ne suis pas sûr qu’il y ait une formation typique. A Sciences et Avenir, nous avons des profils très variés : scientifiques, médecins mais aussi d’autres journalistes passionnés de sciences ou de médecines, issus de filières plutôt littéraires. Certains sont passés par des écoles de journalisme, d’autres non. Personnellement, je n’ai pas fait d’école de journalisme après mes études en biologie. Mais j’ai eu la chance d’être formé par un excellent journaliste du Point où j’ai commencé ma carrière.

Comment les sujets traités et les experts interviewés sont-ils choisis ?

L’idée d’un sujet peut naître d’une simple discussion entre amis, d’une rencontre avec des chercheurs, d’une visite de laboratoire, de la sortie d’une publication scientifique etc… Il n’y a pas de règle. Je pense que la plupart des journalistes est en veille permanente. Je m’entends souvent dire : “tiens, ça ferait un bon sujet !” Voilà pourquoi, il faut faire attention à ce que l’on dit quand on parle avec un journaliste. Plus sérieusement, je pense que c’est une sorte d’automatisme, un mode de pensée obligatoire, car nous devons sans cesse trouver de nouveaux sujets. Après quelques recherches, chaque idée d’article est présentée et discutée lors de réunions avec l’ensemble de la rédaction. Et si elle est validée l’enquête peut alors commencer. Le journaliste doit identifier les experts du domaine et les interroger. Personnellement, à chaque fois que c’est possible, je me déplace pour rencontrer mes interlocuteurs. Je préfère le face à face à l’interview téléphonique.

Comment les journalistes travaillent-il en général avec les experts du domaine ? Font-ils relire leurs articles par des scientifiques, pensez-vous qu’ils devraient le faire ?

Ah, la relecture. C’est une demande récurrente ! Je comprends les chercheurs qui souhaitent relire les textes avant publication, car ils ont souvent été échaudés par des articles bourrés d’erreurs, de confusions, de contresens etc… Mais le journaliste n’a aucune obligation. Il peut choisir de faire relire tout le texte ou certains passages ou juste les propos cités… ou rien ! En ce qui me concerne, je fais généralement relire les propos quand on me le demande, tout le texte à un ou deux des mes interlocuteurs quand le sujet est complexe et que je veux m’assurer qu’il n’y a pas d’erreurs. Il m’arrive aussi de refuser toute relecture quand il y a un risque de convertir l’information en communication, notamment sur les enquêtes dont l’enjeu est justement de séparer les faits de la communication, de dévoiler l’information qui a été mise sous le tapis. Il m’arrive aussi de refuser des corrections renvoyées par mes interlocuteurs quand elles concernent non pas le fond, mais la forme. Mes objectifs sont de ne pas faire d’erreur et que le lecteur me comprenne grâce à une écriture efficace. Je ne fais pas de la littérature ! Enfin, il reste une situation délicate : celle du chercheur qui ne comprend pas que l’article doit être lu par tous. La vulgarisation exige de faire quelques concessions, quelques raccourcis, pour que le lecteur reparte avec un petit bout de savoir et des clés pour comprendre les enjeux. Par exemple, vous n’allez pas expliquer la théorie mathématique sous-jacente au fonctionnement des réseaux neuronaux d’une intelligence artificielle (IA) utilisée pour la reconnaissance faciale. Mais vous allez tenter d’expliquer simplement comment fonctionnent ces réseaux neuronaux et cette IA, quels peuvent être ses intérêts mais aussi ses biais etc… Il me semble plus important d’informer un public très large sur les enjeux, notamment éthiques, de l’IA, plutôt que de satisfaire l’esprit de quelques experts du domaine.

Que pensez-vous des journaux et magazines qui font appel à des scientifiques pour traiter l’actualité scientifique (ex. Pour la Science)? Quelles sont les différences entre de tels journaux et le traitement de la science dans les journaux plus “classiques” ? Qu’apporte le journaliste scientifique en plus ou de différent dans le traitement de l’information ?

Je connais surtout La Recherche qui fait partie du même groupe que Sciences et Avenir. Nous avons d’ailleurs chez nous, plusieurs journalistes qui sont passés par la Recherche. Les deux rédactions ont des relations très étroites et amicales. Ce qui nous distingue, c’est avant tout notre cible. Sciences et Avenir est un magazine qui s’adresse à tous. La Recherche s’adresse plutôt à des lecteurs qui ont déjà un bagage scientifique.

Comment travaillent les journalistes scientifiques vis à vis des communications (parfois sensationnalistes) des grandes institutions scientifiques ? Quel recul prennent-ils ? Comment vérifient-ils l’information ?

Nous avons vu ces dernières années une montée en puissance de la communication au sein des institutions de recherches. En Suisse par exemple, l’EPFL fait du très bon travail, avec un service communication très actif. Mais cela ne nous empêche pas de rester vigilant sur la valeur et l’intérêts des communiqués de presse. Nous en recevons des dizaines chaque semaine. Nous traitons de la même manière ceux provenant d’une entreprise, d’un organisme de recherche ou encore d’un gouvernement.

Les journalistes “voient-ils venir” lorsqu’un sujet qu’ils traitent contient des informations qui pourraient choquer leurs lecteurs/auditeurs ? Comment gèrent-ils ce cas ?

Choquer ? Je vous avoue que cela ne m’arrive pas souvent de devoir traiter des informations choquantes. Il m’arrive de traiter des informations sensibles, susceptibles de ne pas plaire à nos lecteurs. J’ai fait beaucoup d’enquêtes sur les sectes, les fake sciences et fake médecines (avant on disait pseudo-sciences et pseudo-médecines). Je peux mesurer le mécontentement de lecteurs qui se sentent visés par les courriers d’insultes, les menaces de désabonnement voire les procès qui me sont faits depuis 15 ans que je suis à Sciences et Avenir. Mais je dois dire, que cela ne me préoccupe pas vraiment tant que j’ai la conviction d’avoir été juste et rigoureux. Quand nous décidons de publier un article c’est que nous estimons qu’il mérite d’être publié. Les journalistes ont le soutien du journal et de sa direction.

Concernant la communication entre journalistes, est-il possible pour des experts ayant trouvé des erreurs dans les médias de communiquer avec les journalistes à l’origine de l’article / de l’émission ? Comment les journalistes réagissent-ils à ce genre de communication ? Même question entre journalistes ? (Si un journaliste repère une erreur dans l’article d’un collègue).

Les échanges avec les experts sont courants, même après la publication d’un article. Il nous arrive de faire des erreurs. Dans le magazine, le seul moyen de les corriger est de publier un erratum dans le numéro suivant. Sur le web, c’est plus simple. Il suffit de se replonger dans le back office de notre site et la correction est effective quelques minutes plus tard. Mais il existe aussi des situations où nous ne faisons pas de corrections quand nous estimons qu’elles ne sont pas justifiées. Par exemple, s’il s’agit d’un expert qui s’oppose à un consensus scientifique. C’est toujours délicat de juger de sa légitimité, mais généralement nous interrogeons assez de monde pour nous faire une bonne idée du consensus. Nous n’acceptons pas non plus une correction relevant de la communication et non de l’information. Une entreprise peut ne pas apprécier que nous ayons dit que son médicament n’avait aucun effet contre le cancer. Mais si les faits l’attestent, nous ne modifierons pas l’article. Par contre, cette entreprise peut toujours demander à exercer son droit de réponse, que nous ne sommes d’ailleurs pas obligés d’accepter. Dans ce cas, cela peut se terminer au tribunal. Personnellement, j’en garde toujours un peu sous le pied en prévision de cette éventualité. Tout n’est pas dans mes papiers…

Méthode personnelle

Comment déterminez-vous quel est le bon niveau de vulgarisation ? Avez-vous une méthodologie précise pour vulgariser un sujet ?

Difficile de répondre à cette question. C’est une perception très personnelle, qui s’affine avec le temps et l’expérience je suppose. Mais il y a aussi la sanction de la relecture au sein de la rédaction. Chaque article passe sous les yeux de trois à quatre personnes (rédactrice en chef, rédacteur en chef adjoint, secrétaires de rédaction…) qui n’ont pas forcément une formation scientifique. Ce sont nos premiers lecteurs et un bon moyen de jauger la clarté de nos propos.

Quelle stratégie mettez-vous en place pour éviter d’être victime de vos propres biais pendant une enquête ?

Je n’ai pas de stratégie définie, car les situations ne sont jamais les mêmes et se prêtent peu à une méthodologie formelle. Nos biais sont surtout nos présupposés au début d’une enquête, ceux qui nous font penser que nous tenons un bon sujet. Or, l’enquête sera le moment de vérité. Nous interrogeons beaucoup de spécialistes et assez vite nous savons si le sujet est bon ou s’il n’y a tout simplement pas de sujet. Il faut juste être capable d’admettre que l’on s’est trompé et laisser tomber l’enquête. Voilà selon moi, le meilleur moyen d’éviter le plus gros biais pour un journaliste, celui de ses croyances.

Quand vous choisissez et traitez un sujet scientifique, l’important est-il le storytelling (racontez-moi votre histoire) ou l’explication des informations ?

Quand vous regardez un bon documentaire animalier à la télé, vous préférez qu’il soit juste factuel ou qu’il y ait aussi de belles images ? Pour un article c’est pareil. Il faut intéresser le lecteur pour qu’il vous lise jusqu’au bout. Expliquer en racontant une histoire, c’est le graal ! Mais ce n’est pas toujours possible. Je connais bien ce problème, avec les articles en technologie où je dois souvent faire du “comment ça marche” et où il y a peu de place pour la petite histoire. Mais si je peux raconter la science plutôt que la décrire, je n’hésite pas une seconde.